Un point d’appui simple
Rester profondément ancré dans le réel.
Plus je m’intéresse au subtil, plus une chose me paraît essentielle : rester profondément ancré dans le réel.
Pour moi, l’ancrage ne consiste pas seulement à visualiser des racines sous ses pieds ou à pratiquer un exercice énergétique. Il commence beaucoup plus simplement : être présent à son corps, à ses émotions, à ses relations, à ses responsabilités et à ce qui se passe réellement dans sa vie.
C’est aussi garder la capacité de se poser des questions, de douter, de changer d’avis et de ne pas chercher une explication spirituelle à tout.
Une présence ancienne
Laisser une expérience exister sans la forcer.
Depuis petit, j’ai toujours eu une sensibilité particulière à certaines choses que je ne savais pas vraiment expliquer. Mais j’ai aussi longtemps été très secret avec ça.
Je gardais beaucoup pour moi, parce que ce n’était pas forcément quelque chose dont on parlait facilement autour de moi, et parce que mon éducation m’avait plutôt appris à rester prudent avec tout ce qui touchait à l’invisible.
Cette dimension a donc toujours été présente, souvent en arrière-plan. Puis, avec les années, certaines expériences ont pris davantage de place et m’ont amené à regarder tout cela autrement : non pas comme quelque chose qu’il faudrait croire ou expliquer à tout prix, mais comme une part de mon expérience qu’il devenait difficile d’ignorer.
Ressentir sans conclure trop vite
Un ressenti peut être réel sans que son interprétation soit forcément la bonne.
Avec le temps, j’ai compris une chose importante : un ressenti peut être très réel sans que l’interprétation que l’on en fait soit forcément la bonne.
On peut vivre une expérience forte, ressentir quelque chose de précis ou traverser une période étrange sans devoir immédiatement conclure que l’on sait exactement ce qui se passe.
Parfois, l’explication est émotionnelle. Parfois, elle est liée au corps, au stress, au manque de sommeil, à notre histoire ou à une situation très concrète. Et parfois, il reste quelque chose que l’on ne sait pas expliquer. Pour moi, les deux peuvent coexister.
Je peux rester ouvert à ce que je ne comprends pas encore tout en gardant les pieds sur terre. C’est même essentiel.
Chercher du sens peut aider. Mais si cela nous éloigne de notre vie plutôt que de nous y ramener, il devient important de se questionner.
La question qui revient
Est-ce que ce que j’explore me rapproche de ma vie ou est-ce que cela m’en éloigne ?
La spiritualité peut parfois devenir, sans que l’on s’en rende compte, une manière d’éviter certaines réalités : une relation difficile, un deuil, une peur, une décision à prendre ou quelque chose que l’on n’a pas envie de regarder.
Pour moi, un chemin intérieur n’a pas besoin de nous couper du quotidien pour être profond. Au contraire, il peut très bien coexister avec une vie ordinaire : travailler, s’occuper de ses proches, faire face à ses responsabilités, rire, traverser des difficultés, faire des erreurs, apprendre et parfois simplement ne pas savoir.
C’est cette approche que je souhaite transmettre à travers Voix du Subtil : une spiritualité ouverte, mais pas déconnectée. Une spiritualité qui laisse de la place au mystère sans transformer chaque ressenti en certitude, et qui nous ramène toujours un peu plus à nous-mêmes et à la vie qui est là, devant nous.
- Est-ce que cela m’aide à être plus présent ?
- À mieux me connaître ?
- À prendre des décisions plus justes ?
- À poser des limites ?
- À rester responsable de mes choix ?
- À entendre aussi ce qui ne va pas dans le sens de ce que j’aimerais croire ?
L’ancrage, c’est rester ouvert au subtil sans perdre le contact avec le réel.